Êtes-vous hypnotisable ?



C’est la question qu’on est en droit de se poser quand on rend visite à un hypnotiseur. La réponse peut être évacuée assez rapidement : vous respirez ? Vous dormez ? Vous baillez ? Alors vous êtes hypnotisable. L’hypnose relève pour faire court d’un processus aussi naturel que le sommeil.

Mais allons plus loin, est-ce aussi limpide ? Au fond, j’ai le sentiment que tout le monde est convaincu, s’il le souhaite, de pouvoir accéder à un état de détente ou de réceptivité plus profond que celui expérimenté au quotidien. Non, derrière la question d’être hypnotisable ou non, se cache une autre interrogation : est-ce que je suis capable de me laisser aller en présence d’une tierce personne ou est-ce que j’accepte de me laisser manipuler?

Et cette question est plus que légitime. Ce n’est pas toujours facile de se laisser aller, alors être manipulé, certainement pas. Je me souviens encore, lorsque étudiant en hypnose, on essayait à grands renforts de suggestions et d’acrobaties sémantiques de m’hypnotiser. Je m’y pliais de bonne grâce pour l’étude, mais au fond j’avais un peu l’impression qu’on essayait de me jouer un tour.

Convaincu, de ne pas vouloir faire aux autres ce que je ne voudrais pas pour moi, j’ai essayé de peaufiner une autre approche. C’est simple, il s’agit d’apprendre aux patients à aller eux-même sous hypnose sans suggestions alambiquées, ni discours pré-hypnotique comme c’est habituellement la norme. Avec cette approche, j’arrive à peu près aux chiffres suivants :

70% des patients vont sous hypnose directement et sans problème

20% des patients émettent des résistances qui tombent après une courte pause (je vais expliquer)

10% des patients ne vont pas sous hypnose lors de la première séance.

Que se passe t-il, pour ces 30% de patients qui ne vont pas directement sous hypnose ?

C’est simple, elles ont peur de lâcher le contrôle ou plus exactement elles présentent qu’une force, qu’une énergie pourrait les envahir, voire les submerger. Cette énergie perçue négativement est associée à des héritages sociaux et culturels, à l’éducation ou à des blocages personnels. Bref, en gardant le contrôle je me préserve d’être qui je suis et je me cantonne dans un rôle qu’on a bien souvent fabriqué pour moi.

Dans la grande majorité des cas cette explication suffit à désamorcer le contrôle et à laisser tranquillement le corps aller sous hypnose. Parfois, le contrôle est plus grand et il faut juste faire preuve de patiente, l’hypnose est l’apprentissage du laisser-faire, une notion pas très à la mode à l’heure de la performance à tout crin.

Quant à la profondeur de la transe hypnotique, elle ne me paraît pas si importante. Je partage l’idée de Milton Erickson qui disait en gros : ‘‘Quand on sait nager, on s’en fiche de connaître la profondeur de l’eau’’. Laissons le corps choisir quelle profondeur il a besoin pour changer. Vouloir a tout prix des transes profondes, c’est surtout pour protéger le praticien, et conforter sa peur de ne servir à pas grand chose.

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